COMMON LAND

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« Chaque image étant un point de vue singulier traversé par les êtres qui habitent les lieux.»

Common land

Du 19 avril au 13 mai 2017, la MAAC de Bruxelles accueille «Common land», la première exposition solo de la photographe belge Laetitia Bica.

En Grande-Bretagne, avant le XVIIIe siècle, le terme «COMMON LAND» désignait des terres appartenant à une ou plusieurs personnes, mais sur lesquelles d’autres individus, appelés «communers», jouissaient de certains droits coutumiers d’utilisation. Laetitia Bica propose de réutiliser ce concept pour interroger, en termes artistiques, l’espace commun qui façonne à la fois les multiples aspects, parfois contradictoires, de son travail de photographe, et les différentes manières d’utiliser les images qu’elle produit.

L’exposition permet ainsi à la photographe de présenter deux années de travail intensif, riches en rencontres et en associations, ponctuées également de nombreux doutes, mais au cours desquelles Laetitia Bica a su, à maintes reprises, aller plus loin dans ses expérimentations sur les formes d’intervention matérielle en photographie. Cet interventionnisme semble être le thème récurrent des différentes œuvres exposées.

Common land

Cependant, la démarche de la photographe va bien au-delà de la simple prise de vue. Sa résidence au MAAC a ainsi été l’occasion pour Laetitia Bica de s’interroger sur la valeur artistique de l’installation en tant que telle, en explorant, par exemple, les nouveaux mondes de perception ouverts par l’impression sur verre, PVC et tissus. Le spectateur se promène parmi les images réparties dans l’espace blanc. Son regard est capté par l’agencement de perspectives dynamiques ; chaque image étant un point de vue singulier traversé par les êtres qui habitent les lieux.

Enfin, Laetitia Bica nous invite à découvrir les premiers fruits d’une année d’expérimentation intensive aux confins de la photographie, dans l’atelier du photographe liégeois Jean Janssis, maître et spécialiste de l’impression au bichromate de gomme. Cette technique, développée au XIXe siècle dans le mouvement pictorialiste, pousse l’intervention du photographe jusqu’à un point limite où l’image quitte le terrain ferme de la représentation « objective » pour entrer dans le champ pragmatique des actions humaines perturbantes. Le sujet photographié est submergé de pigments et se fond dans les résidus chimiques issus du « décapage » des différentes couches de matériau exposées à la lumière ultraviolette.

Common land
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